Culture

Mini-Docs, l'appli qui détourne l'enfant de la douleur.

L’équipe du CMCR des Massues de Lyon (Croix-Rouge française) expérimente un nouvel outil numérique baptisé "Minidocs" depuis décembre 2015. Celui-ci vise à réduire la douleur des enfants paralysés cérébraux, âgés de 3 à 7 ans.

Spécialisé dans le traitement du rachis, de l'orthopédie et de la neurologie, l’hôpital des Massues a présenté "Minidocs", une application sur tablette numérique qui s’adresse aux enfants paralysés cérébraux, plus spécifiquement lors des injections de toxines botuliques, qui durent entre 10 à 15 minutes et doivent être répétées tous les 4 mois. "Partant du constat qu’un enfant sur cinq est souffrant sous protocole de protoxyde d’azote, Minidocs est une solution en association avec les sédatifs, qui permet de diminuer le stress post-traumatique. Cela permet également de rendre l’enfant acteur de son traitement", souligne le Dr Emmanuelle Chaleat-Valayer, médecin chef de service de l’hôpital de jour/médecine physique et de réadaptation du CMCR.

Photo - Application Minidocs.

"MINIDOCS", L'APPLI QUI DÉTOURNE L'ENFANT DE LA DOULEUR

Concrètement, l’application développée avec le concours de l’éditeur de logiciels Rebelle Productions détourne l’enfant de la douleur, en transposant des éléments virtuels dans la réalité, par écran interposé. "Certaines interactions proposées par l’application ont une vertu antalgique : le soleil vient réchauffer l’enfant, le nuage donne l’impression de douceur, et il refroidit avec la pluie. D’autre part, Minidocs place l’enfant dans une position d’égalité, puisqu’en se sentant agressé par l’injection, il peut contre-attaquer", détaille Cécile Dubois, référente douleur et infirmière ayant participé à la mise en œuvre de l’application. Trois modules sont proposés : un parcours interactif au sein de l’hôpital, qui permet au jeune patient de faire connaissance avec le personnel soignant (par le biais de QR code), des petits jeux offrant la possibilité à l’enfant par exemple d’"arroser" virtuellement les adultes, et bientôt un avatar personnalisable, dès que les financements le permettront.

500 000 € NÉCESSAIRES POUR POURSUIVRE LE DÉVELOPPEMENT DE MINIDOCS

La Fondation APICIL a cofinancé le projet pour un montant de 17 150 euros. Comme l’a rappelé Nathalie Aulnette, directrice de la Fondation : "Notre but est la lutte contre la douleur. Chaque année, un million d’euros est offert sous forme de mécénat. 65% de notre budget est dédié à la recherche, le reste pour les formations". Le coût du projet étant de 200 000 euros, l’étude scientifique doit encore inclure 41 patients pour atteindre le panel de 80 enfants, avec un besoin de 500 000 euros de financement, qui peut aussi passer par les dons à la Croix-Rouge. Les Hospices Civils de Lyon (HCL) ont également participé au projet sur le plan méthodologique et scientifique. Minidocs pourra ensuite être répliqué dans d’autres établissements hospitaliers, et au sein d’autres services.

Source : Usine Digitale